Parallèlement à son activité de peintre, Jeandel développe une véritable passion pour l’archéologie, ainsi qu’un intérêt précoce et audacieux pour la photographie, notamment dans le registre érotique, domaine dans lequel il se révèle étonnamment novateur pour son époque.
À sa mort, son épouse, plus jeune que lui, disperse et vend l’ensemble de ses œuvres. Aucun écrit de l’artiste n’a été retrouvé. Ce sont uniquement les photographies léguées par un couple de collectionneurs au musée d’Orsay dans les années 1980 qui ont permis de redécouvrir le photographe et, par recoupement, d’identifier certains tableaux visibles en arrière-plan de son atelier.
L’apparition de notre peinture n’apporte que peu d’éléments supplémentaires à la compréhension de ce personnage mystérieux. Cette œuvre singulière de Charles-François Jeandel se distingue par son imaginaire onirique et symboliste, très éloigné de la peinture académique présentée par l’artiste au Salon de 1889.
L’artiste nous offreune représentation issue du folklore celtique et ou breton.
La scène se déploie dans un paysage rocheux et montagneux, baigné d’une lumière sourde et crépusculaire, évoquant un monde ancien, hors du temps.
Au premier plan, une procession de Korrigans, reconnaissables à leurs petites tailles, leurs vêtements rouges et leurs visages expressifs avancent en portant des objets précieux ou mystérieux, suggérant une offrande cérémonielle.
Dominant la scène, perchée sur un dolmen, une fée drapée d’un voile clair et tenant une fine baguette, elle incarne une présence tutélaire, à la fois distante et souveraine.
Selon une lecture issue des traditions populaires, les présents apportés par les Korrigans pourraient constituer des cadeaux votifs, destinés à s’assurer la protection de la fée.
Ce motif ancestral traverse les récits recueillis par les grands chroniqueurs du folklore breton, tels qu’Anatole Le Braz et Paul Sébillot, où résonnent encore les échos des nuits païennes.








