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Au fil de l’eau

Qui mieux que les peintres pour éveiller en nous tempête, calme ou volupté, toutes ses émotions que nous ressentons face à l’eau

L’eau cette surface colorée en perpétuelle mouvement ou se réfléchissent, ciels, arbres, ponts…
Traversent l’histoire de l’impressionnisme

La fugacité du temps, la lumière, la couleur.
Découvrons quelques caractéristiques au travers de certaines œuvres de la galerie qui s’en inspire.

Le reflet

Avec les impressionnistes, le véritable sujet de l’artiste est moins le paysage que la question du reflet.
C’est dans l’expérimentation des variations du reflet que ce trouve l’enjeu du tableau.


Huile sur panneau  » Le Pont des eaux à Moret sur Loing par ZANAROFF
Dimensions : 78 x 90 cm

S’attacher à cette représentation aléatoire du reflet
est pour les peintres impressionnistes
déclamer la vérité de l’instant
Le pont, situé entre l’eau et le ciel, est le sujet idéal r peindre le reflet est le sujet idéal pour peindre le reflet.

Motif de choix :
il est symbole du passage entre tradition et progrès.
Déjà peint par Sisley et Monet.
Prudent Pohl dit Zanarrof, peintre post impressionniste,
fait du pont le sujet central de cette œuvre.

Grâce au chemin empruntés par ses flâneurs, l’artiste nous projette dans le tableau, avec une parfaite maîtrise de la perspective, et dirige ainsi notre regard vers et sous le pont.

Nous sommes ainsi attiré par le cette éblouissant reflet, qui se distingue par une touche tendre, douce et laqué, quand les éléments terrestres sont peint plus vivement.
Le reflet des arbres et caractérisés par de simples touches verte et la couleur du ciel se confond avec l’eau.

La Touche
La préoccupation des impressionnistes et de fixer l’instant d’une réalité.
Elle se traduit par une revolution dans la technique picturale :
la juxtaposition des couleurs.
Le dessin ne donne plus la forme, seule la touche crée la forme.
L’eau
s’adapte à merveille à cette nouvelle manière de peindre


huile sur toile, Village, Jour de pluie, par Eugene MONTEZIN (1874-1946)
Dimensions : 38 x 50.5 cm

Fortement influencé par Monet
Montézin excelle dans une peinture à la touche vive qui semble faire vibrer la toile.
Sa touche est constituée de forts empâtements rapides qui créent la sensation de mouvement.

La pluie

Lorsqu’elle se manifeste, la transforme le paysage et crée une atmosphère particulière.
L’artiste s’intéresse alors, « a ce drap d’eau » qui s’en suit et recouvre les murs, les hommes, la terre, tel un voile.
Si la pluie brouille l’espace et transforme la perception que l’on peut avoir du paysage,
Montézin par sa touche nous la rend presque concrète.
Ici c’est plus la terre qu’il faut regarder que le ciel.
Sur un chemin de campagne allant du vert au gris, l’artiste, par des aplats de peinture plus ou moins larges, dans des nuances de blancs et de gris, concrétise un sol gorgé d’eau.

La Couleur

Amateurs de couleurs non mélangées, les impressionnistes peuvent compter sur de nouveaux pigments, mis au point grâce au progrès de la chimie.
Paul Signac (1863-1935) sera le grand maître de la couleur et de l’eau.
Il rendra visite au professeur Chevreul spécialiste de la perception des couleurs :
la juxtaposition des couleurs sur la toile est retranscrite par l’œil du spectateur en un « mélange optique » plusieurs couleurs distinctes sont perçues comme uniques par l’œil.

Une huile sur toile, Lac, soleil se reflétant dans l’eau attribué Emma TOLL (1847-1917)

Emma Toll, peintre suédoise pratique à merveille dans cette toile, le fractionnement de la couleur.
A gauche, les couleurs pures du lac :
bleu azur, bleu clair, blanc et vert, appliquées en touches épaisses et non mélangées
A droite, des couleurs plus foncées, juxtaposées :
le vert résulte du voisinage d’un bleu et d’un jaune l’orange d’un rouge et d’un jaune..
Un noir vif apportant de l’intensité à la composition.


La couleur maitrisée ainsi, va créer le volume, la perspective, le relief.
Ces contrastes saisissants, mais aussi un certain équilibre donnent toute sa force au tableau.

La Lumière

Les impressionnistes s’attachent surtout au rendu du plein air et aux effets des variations imperceptibles et constantes de la lumière sur les éléments, qui se produisent selon l’éclairage, la saison et l’heure.
Ils travaillent une nouvelle manière de peindre liée à une nouvelle manière de voir.
Il souhaite saisir l’impression fugitive qui devient le véritable sujet à peindre La mer, les lacs, l’eau deviennent leurs sujets favoris.
Ils tentent de rendre
le miroitement de la lumière
sur la surface liquide en mouvement

Huile sur toile, Marine 19e siècle par Gunnar SVENSON (1892-1977)
Dimensions ; 74 x 52 cm

Si les impressionnistes privilégient les eaux douces
la mer n’en ai pas moins oublié,
comme le montre les toiles
de Monet en Normandie ou Cézanne à Marseille
Gunnar Svenson,
qui voyagea dans toute l’Europe
à parfaitement appliquer les enseignements impressionnistes
Dans cette toile,
la beauté de la mer est offerte au spectateur
par un simple jeu de lumière.
Dans un cadrage large, ou l’horizon se confondrait presque avec le ciel,
l’artiste attire le regard vers un point blanc et lumineux au centre
–surement un bateau.
Ce bateau blanc esquissé est la pointe d’un triangle que le peintre élargit.
En premier plan, le lumière du ciel se reflète sur la mer par des touches rapprochées dans des variations de blancs, qui irradient sur le reste de la toile, par vague successive.
La luminosité est magnifié
par des nuances de bleu de gris
créant ainsi un contraste saisissant

Japonisme

Si vous allez visiter la maison de Monet à Giverny, vous y découvrirai une pièce entièrement décorée d’estampes japonaises, qui influencèrent fortement l’artiste.
Toute cette génération s’inspirera de cette esthétique, nouvelle élégante et raffinée.
Avec la réouverture du Japon au monde, c’est une déferlante d’objets mais surtout d’estampesqui inondent l’occident.

Ukiyo-e l’art du monde flottant :

Représentation de la vie quotidienne, des saisons qui passent, de la pluie qui tombe…
Thèmes aussi prisés par les impressionnistes.
L’eau est l’un des thèmes privilégiés de l’art japonais.

Pastel Baigneuse par Fernand FAU (1858-1915)
Dimensions : 60 x 62 cm

Dans cette toile l’artiste tente de figer l’instant présent.
Il représente les variations de la lumière dans l’eau,le mouvement subtil de la rivière révélée par quelques ligne courbes, ainsi qu’un jeu subtil de couleurs et révélant les reflets.
Les lignes du dessin sont fines délicates, les courbes des vagues et les arabesques des branches, nous renvoient aux estampes japonaises.
On retrouve un graphisme épuré, un dessin simplifié à quelques lignes, aplats de couleurs pures et claires, un cadrage originale , un point de vue légèrement décentré une ligne d’horizon élevée et un traitement parfait de l’espace